mercredi 23 juillet 2014




" Chaque fois que je me promenais dans le temps, quand je pouvais me promener à Buenos Aires, et chaque fois que je me promène ici, à Paris, seul, surtout la nuit, je sais très bien que je ne suis pas le même qui pendant la journée mène une vie ordinaire et normale...il est évident que ce fait de se mettre à marcher, cet état ambulatoire, où à un moment donné on cesse d'appartenir au monde ordinaire, me situe par rapport à la ville et situe la ville par rapport à moi, dans une relation que les surréalistes aimaient à appeler "privilégiée"...à ce moment-là, se produit vraiment le passage, le pont, les osmoses, les signes, les découvertes...
Marcher dans Paris, et c'est pour ça que je qualifie Paris de ville mythique, signifie avancer vers moi, mais c'est impossible de le dire avec des paroles, c'est-à-dire, que dans cet état, où j'avance un peu perdu, dans une distraction qui me fait regarder des affiches, des enseignes, des bistros, des gens qui passent, et établir tout le temps des relations qui composent des phrases, des bribes de pensées et de sentiments, tout ça crée un système de constellations mentales et surtout des constellations sentimentales qui déterminent un langage que je ne peux pas exprimer par les mots...

Il y a à Paris, par exemple, des lieux qui ont été toujours privilégiés pour moi...au Pont Neuf, à côté de la statue d'Henri IV, il y a un réverbère dans le fond...là où l'on descend pour prendre le Bateau-Mouche...là, la nuit, à minuit, quand il n'y a personne, ce coin-là, solitaire, c'est absolument pour moi un tableau de Paul Delvaux...et il y a le sentiment du mystère qu'il y a dans les tableaux de Paul Delvaux...cette imminence d'une chose qui peut se manifester et qui vous met dans une situation qui n'a plus rien à voir avec les catégories logiques...les événements ordinaires...
Je pourrais vous parler aussi du métro à Paris. Le métro a été depuis toujours pour moi, un lieu de passage, il me suffit d'y descendre pour entrer dans une catégorie logiquement tout à fait différente, où le temps change...d'ailleurs, dans l'une de mes nouvelles, El perseguidor, il y a un personnage qui découvre que le temps est complètement différent  quand on est dans le métro que quand on est en surface, et il peut même le prouver logiquement, ça, c'est une expérience que j'ai , au moins, tous les quinze jours...c'est-à-dire, brusquement découvrir que dans certains états de distractions dans le métro, on a le sentiment que l'on peut habiter dans un temps qui n'a aucun rapport avec le temps qui existe en surface quand on sortira une fois de plus dans la rue...Et il y a aussi les galeries couvertes, la Galerie Vivienne...tous ces endroits de Paris que les gens parcourent pour aller à la recherche d'une boutique et qui, pourtant, étaient  des lieux hantés de Lautréamont...toutes ces galeries couvertes qui font un Paris absolument magique, mystérieux, c'est ce que j'appelle mythique..."

( Extraits d'une interview de Julio Cortazar )

  

dimanche 20 juillet 2014


Je suis de celles qui s'attachent à certains endroits...
De temps à autre, j'aime vagabonder entre les rayons d'une librairie...
Simplement pour le plaisir de promener mon regard sur les livres...
De les toucher, de les feuilleter et de sentir leur odeur...
Ma dernière acquisition, " Remise de peine ", de Patrick Modiano...
Ses histoires ne m'emballent pas...
Je ne les lis pas d'un pas affamé...
Et pourtant...
J'arrive à me plonger dans leur esprit mélancolique...
À trouver de la beauté entre leurs lignes...
À connecter avec ses romains qui bâtissent, entre lui et moi, un lien en lierre tissé...





Sortir me promener une soirée estivale sous un ciel voilé...
M'asseoir à la terrasse d'un petit café à côté de la mer...
Me permettre d'être agréablement surprise par un paysage qui fait déjà partie de moi...
Me régaler avec une bière bien fraîche et mes tapas préférées...
Sourire aux commentaires loufoques d'une serveuse âgée qui me font rajeunir, en quelque sorte, de joie et de plaisir...
La remercier avec mon regard...
Me sentir un peu moins vide... 



dimanche 13 juillet 2014



Parfois, un besoin fou d'avoir du goût pour la vie habite en moi... 
Un désir intense de me sentir vivante...
Et à ces moments-là...
La musique est la seule qui est pour de vrai à mes côtés...





( Une touche exotique de folie brésilienne pour le blog... )
( À consommer sans modération... )


mardi 8 juillet 2014


Une version simplement délicieuse...
qui invite à essayer les jeux les plus délicats et savoureux...




lundi 7 juillet 2014


Moi, des talons? Non...je marche pieds nus, parce que chaque chose je dois la sentir avec la peau...

Mariella Buscemi.

" Un seul individu peut nous manquer même si on est entouré par d'innombrables autres. Ces personnes sont des figurants. Elles troublent notre vue. C'est une foule insignifiante, c'est une distraction importune, donc, on cherche l'oubli dans la solitude, mais la solitude te fait dépérir encore plus..."

Jean Giraudoux.


Un jour, dans l'un de ses magnifiques textes, il m'avait dit que j'étais sa lectrice idéale, une sorte de muse qui lui permettait de se rapprocher de son côté le plus sensible, le plus intime...

Moi, je n'écris que pour lui...Il m'aide à dénicher la beauté là où elle est quelque chose d'improbable... il m'inspire, me stimule, me guide, me provoque, attise en moi le désir d'ouvrir mon esprit à l'aide des mots...

Écrire est pour moi un synonyme de liberté...c'est comme si ces deux mots étaient enlacés par un fil invisible, indestructible, impossible à briser...le même "fil immortel" qui me lie à lui...

Néanmoins...parfois...je sens que mes pensées sont noyées dans une sorte de brume épaisse...comme s'il s'agissait d'un casse-tête dont les pièces ( les mots ) seraient parsemés dans les couloirs d'un labyrinthe sans issue...

Et quand cela m'arrive, je tourne en rond comme un fauve en cage...j' ( lui ) écris dans ma tête...je rédige, j'efface, je re-rédige et j'efface de nouveau. Je me sens maladroite, incapable d'ordonner mes idées, de trouver des mots simples, des mots adéquats, ceux qui expriment mon état d'esprit, ceux qui servent à lui raconter mes journées, ceux qui devraient se présenter comme un souffle...comme un brin de quiétude et de liberté...

Il y avait, au plus profond de moi, trois mots qui empêchaient mon cerveau de respirer, trois mots qui bloquaient ma pensée...qui me rendaient, presque, incapable de communiquer...trois mots que j'avais besoin de prononcer...

Il me manque...

Lui et une liste de choses, ou plutôt de sensations, d'émotions, que j'aimerais dresser à la Sei Shonagon...
Et de cette liste-là, je pourrais puiser de très beaux mots à la louche...

...baiser, joue, havre, flâner, apaisement, voix, tendresse, écoute, sourires, odeur, regard, sillonner, peau, douceur, caresser, mains, glisser, recoins, corps, intimité, graver, mémoire, nombril, frôler, lèvres, t'offrir, plaisir...
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( La nuit est tombée. La fenêtre de mon bureau reste mi-ouverte. Il n'y a que le son du silence et celui de mes doigts sur le clavier. Je relis mon texte...il ne me plaît pas...)
( Une petite brise se faufile dans la pièce...)