mardi 31 décembre 2013

( Assise sur une terrasse...
Le goût du café encore dans mes lèvres...
Mon petit cahier ouvert...
Le stylo entre mes doigts...)

Une fillette , habillée en princesse, joue devant moi...
dans une robe bleue...
souriante...insouciante...
Personne ne lui a pas encore dit que "la vie de princesse"...
elle n'existe pas...

( Extrait de mon journal d'été...)


Paris, 18:15 heures, le 26 juillet 2013



                 

( Image: Breakfast at Tiffany's )


Ma boule à poils n'apprécie pas cette chanson...
Ou, peut-être, il sent que cela me rend un peu tristounette...
Je l'écoute en boucle et lui,
il s'approche de moi...
en me regardant droit dans les yeux...
Sa patte caresse ma jambe...
en me demandant de le prendre dans mes bras...
pour lui offrir quelques câlins...
pour pouvoir se blottir dans mon giron...


vendredi 27 décembre 2013

Cette pluie…
Traînante…
Monotone…
Musarde…
Persistante…
Mes pensées sont devenues des feuilles nues…
Elles clopinent  perdues dans l’ennui…
Affamées d’une longue trotte qui puisse les réveiller…
Du toucher du vent…
D’un souffle de liberté …
De la jouissance d’un instant fugace…


Image: Aaron Feaver

"Toutes les femmes préfèrent se consumer en brûlant, à être éteintes ; toutes les femmes préfèrent être dévorées, à être dédaignées."

Henry de Montherlant "Les Jeunes filles"

mardi 17 décembre 2013

J'aime la pluie...
notamment dans le silence d'une nuit bien avancée...
l'entendre frapper les vitres...
voir les petites gouttes se glisser avec élégance...
s'effilocher en laissant des traces tortueuses...

J'aime parcourir le couloir dans le noir...
pieds nus...
guidée seulement par la lumière de la lune...

J'aime sortir sur mon balcon...
une nuit mouillée comme celle-ci...
un verre à la main...
une clope sur le point de mourir...

( Et ce fichu générique...
à cette heure-là...
05:00 heures le matin...
ça doit être une blague...
j'ai presque envie de rigoler...
devant un tel défi...)

J'aimerais pencher ma tête dans le vide...
sentir mes cheveux trempés par la pluie...
m'asseoir dehors....
me délecter à découvrir la nudité des rues...
regarder que rien ne se passe...
que le temps semble être suspendu...

dimanche 15 décembre 2013


Même si tu ne liras ça jamais...
Je voudrais te dire que c'est un vrai plaisir de te voir, de te savoir tellement heureux...
( Ça, au moins, réchauffe un peu mon coeur...)
( Je t'aime, mon petit roi...)



Dimanche...le 15 décembre 2013

J'y arrive vers 15:30 heures...
La mer était superbe...presque en colère, vivante, expressive, pétillante, elle me parlait....
Je me suis assise sur le sable...
Mon dos contre le mur, ma tête penchée en arrière... 
Dans mes oreilles, des mots qui me font plaisir...
Sur mon visage, les rayons du soleil...qui me caressaient...qui comblaient mon besoin de tendresse...
Et la douce brise, elle...elle câlinait mes cheveux... 


samedi 14 décembre 2013

( Parfois, le besoin d'occuper l'esprit devient une tâche chiante...voire insupportable...)
( Je décide d'essayer d'effacer mes pensées avec une solitaire séance cinéma...) 
( La vie d'Adèle...) 

Abdellatif Kechiche nous offre une histoire sauvage, une triste histoire d'amour... 

Le personnage d'Adèle arrive à nous faire éprouver la vie d'une femme coincée, perdue dans une vie étouffante, une vie où elle ne trouve plus sa place...une vie qui ne répond plus à ses besoins ni à ses envies.
Adèle dégage de la passion, de l'intensité, le désir brûlant qui nous frappe lors d'un rencontre amoureux bouleversant, lors du rencontre avec la personne qui nous donne envie de continuer à respirer, lors du rencontre avec celui qui réveille la "bête" qui sommeillait en nous... 
Pas besoin de longs dialogues...son visage à elle parle de lui-même...
Son regard, ses manières, l'expression de sa bouche dégagent non seulement le soif de se sentir vivante, la faim de se sentir emporter par ses envies, par sa façon à elle d'envisager la vie...mais aussi le chagrin déchirant de la perte de celui/celle qui nous offrait tout ça... 

Une histoire poignante...




( En sortant du cinéma, j'étais perdue davantage...déboussolée...imbue par l'atmosphère enivrante de leur histoire à elles...)

jeudi 12 décembre 2013

mardi 10 décembre 2013


Touchant...


Grapefruit moon. Tom Waits.

Grapefruit moon, one star shining, shining down on me.
Heard that tune, and now I'm pining, honey, can't you see?
'Cause every time I hear that melody, well, something breaks inside,
And the grapefruit moon, one star shining, can't turn back the tide.
Never had no destination, could not get across.
You became my inspiration, oh but what a cost.
'Cause every time I hear that melody, well, something breaks inside,
And the grapefruit moon, one star shining, is more than I can hide.
Now I'm smoking cigarettes and I strive for purity,
And I slip just like the stars into obscurity.
'Cause every time I hear that melody, well, puts me up a tree,
And the grapefruit moon, one star shining, is all that I can see.


Alexandre Kinn est un musicien français qui a sorti son premier album après avoir découvert le blues lors de son voyage à la Nouevelle-Orléans. Il nous offre du folk urbain, des musiques fort influencées par des chanteurs américaines tels que Jack Johnson ou Ben Harper. Son écriture, par contre, se nourrit du Brel et du Gainsbourg.

Je vous offre Fragile, l'une de ses chansons de son album Dans la tête d'un homme.
( À bien savourer...)


Il y avait déjà bien des années que, de Combray, tout ce qui n'était pas le théâtre et le drame de mon coucher, n'existait plus pour moi, quand un jour d'hiver, comme je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j'avais froid, me propose da me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusai d'abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblaient avoir été moulés dans la valve rainuré d'une coquille de Saint-Jacques. E bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d'un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j'avais laissé s'amollir un morceau de madeleine. Mais à l'instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d'extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m'avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. Il m'avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inofensifs, sa brieveté illusoire, de la même façon qu'opère l'amour, en me remplissant d'une essence précieuse : ou plutôt cette essence n'était pas en moi, elle était moi. J'avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. D'où avait pu me venir cette puissante joie ? Je sentais qu'elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu'elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature. D'où venait-elle ? Que signifiait-elle ? Où l'appréhender ? Je bois une seconde gorgée où je ne trouve rien de plus que dans la première, une troisième qui m'apporte un peu moins que la seconde. Il est temps que je m'arrête, la vertu du breuvage semble diminuer. Il est clair que la vérité que je cherche n'est pas en lui, mais en moi. Il l'y a éveillée, mais ne la connaît pas, et ne peut que répéter indéfiniment, avec de moins en moins de force, ce même témoignage que je ne sais pas interpréter et que je veux au moins pouvoir lui redemander et retrouver intact, à ma disposition, tout à l'heure, pour un éclaircissement décisif. Je pose la tasse et me tourne vers mon esprit. C'est à lui de trouver la vérité. Mais comment ? Grave incertitude, toutes les fois que l'esprit se sent dépassé par lui-même ; quand lui, le chercheur, est tout ensemble le pays obscur où il doit chercher et où tout son bagage ne lui sera de rien. Chercher ? pas seulement : créer. Il est en face de quelque chose qui n'est pas encore et que seul il peut réaliser, puis faire entrer dans sa lumière.

Marcel Proust. À la recherche du temps perdu.

La légende de Pygmalion





 Pygmalion ne trouvait pas son bonheur, il décida alors de sculpter une statue en ivoire figurant au mieux la jeune femme qu’il avait cherchée en vain. Une fois la statue achevée, Pygmalion la trouva enfin parfaite et à son goût. Si parfaite, qu’il fut même pris de la plus vive des passions pour son œuvre qui n’en demeurait pas moins désespérément inerte et froide. Aphrodite, déesse de l’amour, prit le roi en pitié et donna alors vie à la statue. 
Le mythe de Pygmalion fut repris par nombre d’artiste peintres, poètes et même musiciens de tous temps. 

( Aujourd’hui, on parle de L'effet Pygmalion. C’est l'influence que peut avoir un professeur ou un mentor sur un de ses élèves suite à une supposition sur son parcours scolaire qui servira de référence pour l'avenir. Donc, les attentes de l’enseignant concernant ces élèves ont tendance à se confirmer…)

( À y réfléchir…)

Source: 
http://pierre.niclas.free.fr/mythop7.htm

lundi 9 décembre 2013


La mer d'aujourd'hui...
Dimanche...
Calme...
Elle dégageait une sérénité, un apaisement qui a presque réussi à me sauver de mes pensées...

dimanche 8 décembre 2013

Samedi...

23:45 heures...
Promenade solitaire dans la ville...
Le froid frappe mon visage...et j'aime...
( Au moins, comme ça, je me sens vivante pendant quelques minutes...)
Un homme âgé fait du vélo...
Son image clignote sous la lumière pâle des réverbères...
( France Inter me tient compagnie...Que reste-t-il de nos amours sonne...)
( Je ne sais pas qui chante...une voix masculine caressée seulement par les notes d'un piano...)
( Je la trouve superbe, cette version...)
( Je fredonne timidement le refrain...)
Le trottoir brille, trempé par la rosée...
Et le froid fait disparaître mon mal de tête sur-le-champ...
( Ça fait du bien...quelques minutes sans mes clopes...)

Edith...toujours Edith...



Une émission de France Culture qui nous approche d'Edith...un vrai régal pour les oreilles...
( Non...je ne regrette rien...parce que ça ne sert à rien, tout simplement...)

samedi 7 décembre 2013



J'ai faim de tes cheveux, de ta voix, de ta bouche,
sans manger je vais par les rues, et je me tais,
sans le soutien du pain, et dès l'aube hors de moi
je cherche dans le jour le bruit d'eau de tes pas.

Je suis affamé de ton rire de cascade,
et de tes mains couleur de grenier furieux,
oui, j'ai faim de la pâle pierre de tes ongles,
je veux manger ta peau comme une amande intacte,

et le rayon détruit au feu de ta beauté,
je veux manger le nez maître du fier visage,
Je veux manger l'ombre fugace de tes cils,

J'ai faim, je vais, je viens, flairant le crépuscule
et je te cherche, et je cherche ton cœur brûlant
comme un puma dans le désert de Quitratùe.

Pablo Neruda (La centaine d'amour)

Les meilleurs photos sont celles qu'on prend sans appareil...qu'on peut essayer de décrire...

Jean Waits.


Au fond, pendant toute ma vie de photographe , ce sont de moments tout à fait aléatoires que j'aime retenir. Ces moments savent me raconter bien mieux que je ne le saurais le faire. Ils expriment mon regard, ma sensibilité. Mon autoportrait, ce sont mes photographies. À chaque photo, il pouvait se passer quelque chose comme il pouvait très bien rien se passer. Ma vie a été pavée de déceptions, mais aussi d'immenses joies. Je voudrais ne retenir que ces moments de joie, qui consolent de tous les autres. Quand la vie furtivement vous fait un signe de reconnaissance, vous remercie. Il y a alors une grande complicité avec le hasard, que l'on ressent profondément. Alors, on le remercie aussi. C'est ce que je nomme la joie de l'imprévu. Des situations minuscules comme des têtes d'épingles. Juste avant, il n'y avait rien, et juste après, il n'y a plus rien. Alors, il faut toujours être prêt.

Willy Ronis.
"L'ennui, araignée silencieuse, filait sa toile dans l'ombre à tous les coins de son coeur." 

Gustave Flaubert. Madame Bovary.
Une très belle chanson...chante, Jean Louis Aubert...


Je t'ai dans la peau,
'y a rien à faire.
Obstinément, tu es là.
J'ai beau chercher à m'en défaire,
Tu es toujours près de moi.
Je t'ai dans la peau,
'y a rien à faire.
Tu es partout sur mon corps.
J'ai froid, j'ai chaud.
Je sens la fièvre sur ma peau.

Après tout, je m'en fous de ce qu'on peut penser.
Je n'peux pas m'empêcher de crier.
Tu es tout pour moi, j' suis intoxiquée
Et je t'aime, je t'aime à en crever.

Je t'ai dans la peau,
'y a rien à faire.
Obstinément, tu es là.
J'ai beau chercher à m'en défaire,
Tu es toujours près de moi.
Je t'ai dans la peau,
'y a rien à faire.
Tu es partout sur mon corps.
J'ai froid, j'ai chaud.
Je sens tes lèvres sur ma peau.
...

'y a rien à faire, j' t'ai dans la peau...




Le petit voleurs de mots...

Le hasard a voulu m'offrir une très belle lecture...
Un petit conte qui nous plonge dans le merveilleux monde des mots...
Cette petite histoire parle de moi...



Le Petit voleur de mots, Nathalie Minne

Le soir, lorsque la lune éclaire le chemin, le petit voleur de mots sort avec son équipement et marche jusqu'au village. Là, guettant les éclats de voix et de lumière pour ne pas être vu, il se hisse sur les toits. La récolte peut commencer....
Portés par la chaleur des foyers, les mots se mélangent joyeusement. Le petit voleur les attrape dans les turbulences de la fumée des cheminées. Ce qu'il préfère, ce sont les histoires racontées aux enfants. Il les regarde monter lentement et se dissiper dans le silence de la nuit. Et parfois il s'endort.
Puis il rentre chez lui, sa besace pleine, pressé d'examiner sa cueillette.
Dans la cabane, les mots se mettent à gigoter et à chanter. Il y en a des petits qui sautent sur place, des tendres, des verts, des très gros rouges de colère et aussi des trop longs impossibles à prononcer. Les mots se glissent dans tous les coins, s'accrochent aux murs, au plafond, aux meubles. Ils dansent la polka, la salsa, le cha-cha et la valse à mille temps... La fête est réussie, mais petit à petit le sol se couvre de syllabes brisées, les mots gardent leur mystère. Alors le petit voleur de mots les trie et les range dans des bocaux à bonbons. Ensuite, le petit voleur de mot essaie des recettes ; 2 mots doux, 3 mouillés, 1 piquant et 2 chauds. Il mélange le tout et le jette en l'air. Et là, le hasard tresse des nattes de louanges, tisse des écharpes d'injures, tricote des chaussettes d'explications compliquées. Avec un peu d'habitude il apprend les bons dosages. Il en vient à raconter des histoires qu'il raconte aux animaux de la forêt. Ceux-ci l'écoutent attentivement mais restent silencieux. Alors il décide de retourner au village.
Tapis dans l'ombre, il observe les habitants éclairés par la lueur des lampes. Il écoute les mots qui vibrent à travers les vitres. Les mots, les enfants s'en servent pour faire rire leurs amis, les parents pour caresser et faire sourire leurs enfants. Et un soir arrive ce qui devait arriver. Quelqu'un lui dit « bonsoir » et boum ! Badaboum ! Bing, bang, boum ! Voilà le petit voleur de mots par terre, les quatre fers en l'air, avec tout son bazar ! Un petit garçon sort aussitôt pour l'aider à ramasser son filet et ses mots. Alors, le petit voleur de mots lui dit « merci ». Il le dit tout bas parce que c'est son premier merci. Depuis, ils se retrouvent presque chaque soir. Le petit voleur apporte des noisettes, le petit garçon des bonbons. Et la cabane résonne de leurs rires et de leurs histoires. Ensemble, ils explorent les coins les plus secrets de la forêt et les meilleures cachettes du village.
Un beau jour, le petit voleur rencontre une petite fille. Il reste sans voix. Les mots qu'il a patiemment apprivoisés ne peuvent plus servir. Il doit voler d'autres mots...
...des mots d'amour.

Madame Héritier...




Françoise Héritier vient de sortir son deuxième livre: Le goût des mots...
Une femme à lire...à écouter...impossible de s'en lasser...



Neige...


Neige était devenue funambule par souci d’équilibre. Elle, dont la vie se déroulait comme un fil tortueux, entrelacé de nœuds que nouaient et dénouaient la sinuosité du hasard et de la platitude de l’existence, excellait dans l’art subtil et périlleux consistant à évoluer sur une corde raide. Elle n’était jamais aussi à l’aise que lorsqu’elle marchait à mille pieds au dessus du sol. Droit devant elle. Sans jamais s’écarter d’un millimètre de sa route. C’était son destin. Avancer pas à pas. D’un bout à l’autre de la vie.

Maxence Fermine. Neige