Petites découvertes...


J.B. Pontalis, philosophe, psychanalyste et écrivain. 

Quelques bribes ( délicieuses ) de son parlure à lui :

" Les souvenirs...nous leurs rendons visite de temps à autre, quitte à les ressasser; ce que nous préférons, c'est qu'ils surgissent à l'improviste, preuve qu'eux du moins ne nous oublient pas. "

" L'enfant silencieux que j'ai longtemps été, l'enfant sage légèrement renfermé, disait-on, qui sera tout disposé plus tard à se croire incompris, mal aimé, n'a pas rencontré sur son chemin quelqu'un avec qui partager ses secrets et qui aurait su l'en délivrer: des secrets ignorés de lui-même. "

" Car cette grotte...c'est aussi le mystère d'un corps de femme et ces rochers tourmentés figurent - non pas figurent: sont - l'inquiétude, le tourment des hommes. "

"Mon besoin de musique et de son écoute solitaire vient sans doute aujourd'hui de ce qu'il entre de déception dans mon amour des mots. J'ai dû ressentir très tôt l'insuffisance foncière du langage, son infirmité native. Comment échapper à l'empire des signes, comment se laisser envelopper par un rythme, une mélodie, emporter dans des vagues, entraîner par des mouvements qui se succèdent ou s'entrecroisent, tantôt doux, tantôt violents, mais toujours venus de loin et allant on ne sait où?." 

" Sa rêverie l'en préserve. Il peut se laisser entraîner ailleurs, mais cet ailleurs n'est autre que son humeur vagabonde, que son oublieuse mémoire, il peut exprimer sans crainte ses attentes les plus déraisonnables, ses désirs inassouvis..."

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( Parfois, le besoin d'occuper l'esprit devient une tâche chiante...voire insupportable...)
( Je décide d'essayer d'effacer mes pensées avec une solitaire séance cinéma...) 
La vie d'Adèle...) 

Abdellatif Kechiche nous offre une histoire sauvage, une triste histoire d'amour... 

Le personnage d'Adèle arrive à nous faire éprouver la vie d'une femme coincée, perdue dans une vie étouffante, une vie où elle ne trouve plus sa place...une vie qui ne répond plus à ses besoins ni à ses envies.
Adèle dégage de la passion, de l'intensité, le désir brûlant qui nous frappe lors d'un rencontre amoureux bouleversant, lors du rencontre avec la personne qui nous donne envie de continuer à respirer, lors du rencontre avec celui qui réveille la "bête" qui sommeillait en nous... 
Pas besoin de longs dialogues...son visage à elle parle de lui-même...
Son regard, ses manières, l'expression de sa bouche dégagent non seulement le soif de se sentir vivante, la faim de se sentir emporter par ses envies, par sa façon à elle d'envisager la vie...mais aussi le chagrin déchirant de la perte de celui/celle qui nous offrait tout ça... 

Une histoire poignante...




( En sortant du cinéma, j'étais perdue davantage...déboussolée...imbue par l'atmosphère enivrante de leur histoire à elles...)

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La légende de Pygmalion





 Pygmalion ne trouvait pas son bonheur, il décida alors de sculpter une statue en ivoire figurant au mieux la jeune femme qu’il avait cherchée en vain. Une fois la statue achevée, Pygmalion la trouva enfin parfaite et à son goût. Si parfaite, qu’il fut même pris de la plus vive des passions pour son œuvre qui n’en demeurait pas moins désespérément inerte et froide. Aphrodite, déesse de l’amour, prit le roi en pitié et donna alors vie à la statue. 
Le mythe de Pygmalion fut repris par nombre d’artiste peintres, poètes et même musiciens de tous temps. 

( Aujourd’hui, on parle de L'effet Pygmalion. C’est l'influence que peut avoir un professeur ou un mentor sur un de ses élèves suite à une supposition sur son parcours scolaire qui servira de référence pour l'avenir. Donc, les attentes de l’enseignant concernant ces élèves ont tendance à se confirmer…)

( À y réfléchir…)

Source: 
http://pierre.niclas.free.fr/mythop7.htm
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Neige était devenue funambule par souci d'équilibre. Elle, dont la vie se déroulait comme un fil tortueux, entrelacé de noeuds que nouaient et dénouaient la sinuosité du hasard et de la platitude de l'existence, excellait dans l'art subtil et périlleux consistant à évoluer sur une corde raide.
Elle n'était jamais aussi à l'aise que lorsqu'elle marchait à mille pieds au dessus du sol. Droit devant elle. Sans jamais s'écarter d'un millimètre de sa route. 
C'était son destin. Avancer pas à pas. D'un bout à l'autre de la vie. 

Maxence Fermine. Neige.


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Le hasard a voulu m'offrir une très belle lecture...
Un petit conte qui nous plonge dans le merveilleux monde des mots...
Cette petite histoire parle de moi...



Le Petit voleur de mots, Nathalie Minne

Le soir, lorsque la lune éclaire le chemin, le petit voleur de mots sort avec son équipement et marche jusqu'au village. Là, guettant les éclats de voix et de lumière pour ne pas être vu, il se hisse sur les toits. La récolte peut commencer....
Portés par la chaleur des foyers, les mots se mélangent joyeusement. Le petit voleur les attrape dans les turbulences de la fumée des cheminées. Ce qu'il préfère, ce sont les histoires racontées aux enfants. Il les regarde monter lentement et se dissiper dans le silence de la nuit. Et parfois il s'endort.
Puis il rentre chez lui, sa besace pleine, pressé d'examiner sa cueillette.
Dans la cabane, les mots se mettent à gigoter et à chanter. Il y en a des petits qui sautent sur place, des tendres, des verts, des très gros rouges de colère et aussi des trop longs impossibles à prononcer. Les mots se glissent dans tous les coins, s'accrochent aux murs, au plafond, aux meubles. Ils dansent la polka, la salsa, le cha-cha et la valse à mille temps... La fête est réussie, mais petit à petit le sol se couvre de syllabes brisées, les mots gardent leur mystère. Alors le petit voleur de mots les trie et les range dans des bocaux à bonbons. Ensuite, le petit voleur de mot essaie des recettes ; 2 mots doux, 3 mouillés, 1 piquant et 2 chauds. Il mélange le tout et le jette en l'air. Et là, le hasard tresse des nattes de louanges, tisse des écharpes d'injures, tricote des chaussettes d'explications compliquées. Avec un peu d'habitude il apprend les bons dosages. Il en vient à raconter des histoires qu'il raconte aux animaux de la forêt. Ceux-ci l'écoutent attentivement mais restent silencieux. Alors il décide de retourner au village.
Tapis dans l'ombre, il observe les habitants éclairés par la lueur des lampes. Il écoute les mots qui vibrent à travers les vitres. Les mots, les enfants s'en servent pour faire rire leurs amis, les parents pour caresser et faire sourire leurs enfants. Et un soir arrive ce qui devait arriver. Quelqu'un lui dit « bonsoir » et boum ! Badaboum ! Bing, bang, boum ! Voilà le petit voleur de mots par terre, les quatre fers en l'air, avec tout son bazar ! Un petit garçon sort aussitôt pour l'aider à ramasser son filet et ses mots. Alors, le petit voleur de mots lui dit « merci ». Il le dit tout bas parce que c'est son premier merci. Depuis, ils se retrouvent presque chaque soir. Le petit voleur apporte des noisettes, le petit garçon des bonbons. Et la cabane résonne de leurs rires et de leurs histoires. Ensemble, ils explorent les coins les plus secrets de la forêt et les meilleures cachettes du village.
Un beau jour, le petit voleur rencontre une petite fille. Il reste sans voix. Les mots qu'il a patiemment apprivoisés ne peuvent plus servir. Il doit voler d'autres mots...
...des mots d'amour.





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