dimanche 30 mars 2014

La nuit apparaît dans le lointain...
Elle s'approche, doucement, d'un pas léger...
Je me hisse sur la pointe de mes pieds, je deviens aérienne et je me fonds avec elle...

La ville est en fête. On sent l'odeur des cafés débordés par une musique étouffée par le brouhaha, par l'alcool qui coule, par les éclats de rire des bons vivants...
L'insouciance prend le relais...

Les effluves dégagés par le passé sont subtiles... 
Ils se glissent entre nos doigts pour ne plus y retourner... 
La vie s'égrène et devient errante...
Et l'immortalité reste soudée à l'ineffable...


lundi 10 mars 2014


La belle saison...
Elle est déjà là...
C'est ma mémoire olfactive qui me l'a dit...
Elle a tissé un fil vers mes émotions sur lequel je suis contrainte de cheminer...
Elle évoque des souvenirs involontaires qui me rendent soumise...
Qui m'envahissent comme une poussière impalpable de frissons qui me gagnent...





Image: Peter Zupnik

Une chambre d'hôtel de n'importe quelle ville à n'importe quelle heure la nuit tombée...
Une atmosphère soûle de pulsions débauchées...
Des supplications saccadées pour étancher ma soif de jouissance...
Pour satisfaire mes cinq sens...
Mon ouïe...
Ma vue...
Mon odorat...
Mon toucher...
Mon goût... 

dimanche 9 mars 2014


J.B. Pontalis, philosophe, psychanalyste et écrivain. 

Quelques bribes ( délicieuses ) de sa parlure à lui :

" Les souvenirs...nous leurs rendons visite de temps à autre, quitte à les ressasser; ce que nous préférons, c'est qu'ils surgissent à l'improviste, preuve qu'eux du moins ne nous oublient pas. "

" L'enfant silencieux que j'ai longtemps été, l'enfant sage légèrement renfermé, disait-on, qui sera tout disposé plus tard à se croire incompris, mal aimé, n'a pas rencontré sur son chemin quelqu'un avec qui partager ses secrets et qui aurait su l'en délivrer: des secrets ignorés de lui-même. "

" Car cette grotte...c'est aussi le mystère d'un corps de femme et ces rochers tourmentés figurent - non pas figurent: sont - l'inquiétude, le tourment des hommes. "

"Mon besoin de musique et de son écoute solitaire vient sans doute aujourd'hui de ce qu'il entre de déception dans mon amour des mots. J'ai dû ressentir très tôt l'insuffisance foncière du langage, son infirmité native. Comment échapper à l'empire des signes, comment se laisser envelopper par un rythme, une mélodie, emporter dans des vagues, entraîner par des mouvements qui se succèdent ou s'entrecroisent, tantôt doux, tantôt violents, mais toujours venus de loin et allant on ne sait où?." 

" Sa rêverie l'en préserve. Il peut se laisser entraîner ailleurs, mais cet ailleurs n'est autre que son humeur vagabonde, que son oublieuse mémoire, il peut exprimer sans crainte ses attentes les plus déraisonnables, ses désirs inassouvis..."